Le principe : apprendre à repérer le « point de non-retour »
Juste avant l’éjaculation, il existe un moment à partir duquel elle ne peut plus être retenue. Les exercices classiques de sexothérapie visent à reconnaître les sensations qui précèdent ce point et à apprendre à faire redescendre l’excitation avant de l’atteindre. Les recommandations françaises de 2023 conseillent une thérapie cognitivo-comportementale centrée sur la sexualité, idéalement en impliquant le ou la partenaire.
La méthode stop-start
- Commencez seul, par la masturbation, dans un moment calme et sans pression de temps.
- Stimulez-vous jusqu’à ressentir une excitation forte, avant le point de non-retour.
- Arrêtez complètement la stimulation et respirez lentement, jusqu’à ce que l’envie d’éjaculer diminue nettement (souvent 30 secondes à une minute).
- Reprenez. Répétez le cycle trois ou quatre fois avant de laisser venir l’éjaculation.
- Quand vous êtes à l’aise, refaites l’exercice avec votre partenaire, d’abord par caresses, puis lors de la pénétration, en restant immobile pendant les pauses.
La technique de compression (« squeeze »)
C’est une variante du stop-start : au moment de la pause, on exerce pendant quelques secondes une pression ferme sous le gland, à la jonction avec la verge, entre le pouce et deux doigts, jusqu’à ce que l’envie d’éjaculer diminue. La pression doit être nette mais jamais douloureuse. Certains couples la trouvent plus efficace, d’autres plus contraignante : choisissez la méthode qui vous convient.
Renforcer le plancher pelvien
Les muscles du plancher pelvien (périnée) participent à l’éjaculation. Pour les repérer : ce sont ceux que l’on contracte pour retenir un gaz ou interrompre le jet d’urine (à ne faire qu’une fois pour les identifier, pas comme exercice régulier).
- Contractez ces muscles 3 à 5 secondes, puis relâchez autant de temps.
- Faites des séries de 10, plusieurs fois par jour, sans bloquer la respiration et sans contracter les fesses ou les abdominaux.
- Augmentez progressivement la durée des contractions.
Une équipe italienne (Pastore et al., 2014) a étudié une rééducation de 12 semaines encadrée par un kinésithérapeute chez 40 hommes atteints d’éjaculation précoce primaire : la plupart ont gagné en contrôle et en durée. L’étude est petite et sans groupe placebo ; elle est encourageante mais ne suffit pas à conclure. Un kinésithérapeute formé à la rééducation périnéale masculine peut vous guider.
Préservatifs, sextoys et autres astuces
- Préservatifs « retardants » : certains contiennent un anesthésiant local (souvent de la benzocaïne) à l’intérieur. Ils réduisent la sensibilité ; lisez la notice et arrêtez en cas d’irritation.
- Masturbateurs d’entraînement : certains sextoys sont vendus pour s’exercer au stop-start. Ils peuvent servir de support à l’exercice, mais aucune étude sérieuse ne démontre qu’ils traitent le trouble.
- Se masturber avant le rapport : certains hommes y trouvent un rapport suivant plus long, mais l’effet est inconstant et cela ne règle pas le fond du problème.
- Changer de position, ralentir, respirer : utile, à condition de ne pas transformer chaque rapport en épreuve. L’objectif est aussi de retrouver du plaisir.
Ce qu’on peut en attendre
Ces techniques ne font pas effet en une soirée : comptez plusieurs semaines de pratique régulière. Elles fonctionnent mieux avec un accompagnement (médecin sexologue, sexothérapeute, kinésithérapeute) et peuvent être associées à un traitement médicamenteux : c’est même l’approche que recommandent les experts français. Si rien ne change après quelques semaines, consultez.