Une distinction utile : depuis toujours, ou depuis peu ?
Les experts de l’ISSM distinguent l’éjaculation précoce primaire, présente dès les premiers rapports, et l’éjaculation précoce acquise, qui apparaît après une période sans difficulté. Cette distinction oriente la recherche de causes (voir la définition).
Forme primaire : un réflexe plus rapide
Dans la forme primaire, aucune maladie n’est généralement retrouvée. L’hypothèse dominante est celle d’un fonctionnement particulier du réflexe éjaculatoire, réglé notamment par la sérotonine, un messager chimique du cerveau. C’est d’ailleurs ce qui explique que des médicaments agissant sur la sérotonine (comme la dapoxétine) allongent le délai.
Ce n’est donc ni un manque de volonté, ni une « faiblesse » : c’est une caractéristique du fonctionnement de l’organisme, qui peut se travailler et se traiter.
Forme acquise : chercher ce qui a changé
Quand le trouble apparaît en cours de vie, il faut rechercher une cause. Les plus fréquemment citées :
- Un trouble de l’érection. La peur de perdre son érection pousse à « aller vite ». Les hommes avec une éjaculation précoce acquise ont plus souvent un trouble de l’érection (ISSM 2014), et les recommandations françaises conseillent de traiter d’abord le trouble de l’érection quand les deux coexistent.
- Le stress et l’anxiété de performance : peur de décevoir, pression, période difficile.
- Des difficultés relationnelles : conflits, manque de communication, nouvelle relation.
- Des causes médicales que le médecin peut rechercher : inflammation de la prostate (prostatite), trouble de la thyroïde, arrêt ou changement de certains médicaments. Seul un professionnel peut faire le tri.
Un cercle vicieux fréquent
Quelle que soit la cause de départ, la situation s’entretient souvent d’elle-même : un rapport vécu comme un échec augmente l’appréhension du suivant, l’anxiété accélère l’éjaculation, et ainsi de suite. C’est pour casser ce cercle que les recommandations françaises de 2023 conseillent des conseils sexologiques pour tous les patients, y compris quand un médicament est prescrit.
- Serefoglu E.C. et al. — Définition unifiée de l’éjaculation prématurée primaire et acquise (2e comité ad hoc de l’ISSM), Sexual Medicine, 2014;2:41-59
- Huyghe E. et al. (AIUS) — Recommandations pour le traitement de l’éjaculation prématurée, Progrès en Urologie, 2023;33(5):237-246
- AIUS — Recommendations for the diagnosis and evaluation of premature ejaculation, The French Journal of Urology, 2024;34(9):102697